4. juil., 2016

Texte

Ce que je suis

n'est pas inscrit

n'est pas représenté

dans l'homme

l'homme n'est

qu'un bloc opaque

et qui se meut

avec le réprimé

refoulé

et irrévélé

dont chaque geste

est une révélation spontanée.

 

Je suis l'infini.

La tare de l'être est de vouloir toujours me ramener à un être, et de réclamer

une notion lorsque vraiment il n'y en a pas.-

C'est-à-dire à un acte, à un fait, à un mouvement.

En fait il s'est tassé dans un corps

et mange pour lui

distinct de moi

ce que je fabrique tout le temps

pour l'écraser

et m'en aller.

Mais je ne suis pas ramenable à un mouvement quelconque même de précession,

et mourir c'est passer à l'être

entrer dans le cadre de l'institution

et l'angoisse de la mort vient de ce souffle que l'être tue et retient pour lui

quand je condamne tout son intellect

et il n'a jamais connu

              un autre domaine

              le monde vrai.

 

Car ma bêtise d'ignare, primaire, grossier, brutal et inculte

est parce qu'elle est moi

beaucoup plus caractéristique

et vivante que tous les raffinements.-

Elle est le fait d'une nature terriblement exigeante, rude, difficile, profonde,

âcre, INTENSE, aiguë, unique, rare, volontaire, fulminante, aratrice, pertinente,

    qui lorsqu'une force a été dépensée ne la remplace jamais

    mais l'use morte sans compensation

   car je ne suis pas un organisme

  mais une volonté."