Artaud pour Murielle par Jacques Cauda

17. déc., 2017

Artaud pour Murielle par Jacques Cauda

15. juin, 2017

MCDem. à Cécile Odartchenko des éditions des Vanneaux,

le 14 / 06 / 2017 :

 

"Artaud est de ces auteurs (en fait il est le seul) dont la lecture est pour moi

 sans prérequis

 tant

 il me paraît clair dans ses soubresauts -hoquets / secousses / vibrations

 telluriques- et continuum de l'Etre de la Langue martelée

 en sa férocité : Cruauté : ressentie dans le corps comme

 sans organes,

 authentique,

 acharné à s'Ecrire.

 Je le lis sans besoin de repos / répit tant

 il m'est clair dans son interrogation du "céti-lisible" où la nécessité

 de savoir relire

 nous est portée à hauteur des "analphabètes" aveugles que nous sommes,

 ignorants trop des gouffres où l'abîme devient -enfin- ascensionnel."

 

 Murielle Compère-Demarcy (à Cécile Odartchenko, le 14 juin 2017).

 

 

5. juil., 2016
"Allons, je serai compris dans dix ans (...). Alors on verra fumer les jointures de pierres, et d'arborescents
 bouquets d'yeux mentaux se cristalliseront en glossaires, (...) alors on comprendra la géométrie sans espaces, et on apprendra ce que c'est que la configuration de l'esprit, et on comprendra comment j'ai perdu l'esprit."

Antonin Artaud, Le Pèse-nerfs ; 1925.

La voix d'Antonin Artaud ?

  Ce que son "style" ne fut pas

-Tric Trac du Ciel, premier recueil de poèmes "avortés" d'Artaud fut édité en mai 1923 c/o Kahnweiler éditeur.

Ce "petit livre de vers en effet ne me représente en aucune façon", écrivaitArtaud en 1946.

Ne le représente pas, effectivement, parce que ces vers "ont un petit air désuet d'une littérature à la (...), farces d'un style qui n'en est pas un" -un style "comme celui d'un dandy qui ferait glacer ses manchettes, n'ayant plus pour col de chemise que le tronc d'un guillotiné."

Autrement dit le "style" revendiqué parArtaud est aux antipodes du style d'un écrivain (écri-vain ?) qui de façon littérale n'aurait plus sa tête (-puisque "guillotiné", -non pas "décapité" mais "guillotiné") c'est-à-dire dont on aurait coupé la tête / la liberté de penser- ; au sens figuré un écri-vain qui n'aurait plus la pleine possession de son esprit, parce qu'on aurait tranché en lui la faculté, la liberté de penser.

Toujours autrement dit le "style" qu'Artaud revendique au début du XXè siècle alors que le Surréalisme émerge dans toute sa vigueur et son éclat, n'est pas un style apprêté (lesté d'"affèteries"), revêtu tel un prêt-à-porter d'une pensée convenue / conventionnelle misant tout sur sa recevabilité dans telle ou telle grande / notoriale maison d'édition hautement recommandable / hautement recommandée.

Artaud rejette le "bien-écrit" comme d'un qui rejèterait le "bien-pensant", à savoir l'agonisant, le jet sénile d'une encre surfaite. Les poèmes "du genre décharné dans le bien-écrit" ne le touchent pas, ne captent ni ne retiennent son émotion.

 

Que cherche Artaud ? Ou plutôt, que donne-t-il à trouver dans ses propres poèmes pour le lecteur que nous sommes à le suivre et qui s'apprête à investir son lieu / son univers ?

-"La breloque où tremble un esprit, la breloque de l'amande amère sous la langue qui la détruit."

Ce que son "style" tentait de rendre :

 

"La breloque", oui, "où tremble un esprit, la breloque de l'amande amère sous la langue qui la détruit."

 


© Murielle Compère-Demarcy, 14 mai 2015.

4. juil., 2016

Ecrits de 1947 d'Antonin ARTAUD.

4. juil., 2016