23. août, 2018

hommage à Daniel Biga

Dans L’Amour d’Amirat, Daniel Biga écrit :

« L’eau du ciel est transparente - je suis au bord du grand bain cosmique – les étoiles

  dans l’eau sans fond clignotent m’appellent -juste un pas – je ne sais quoi me retient

  encore de tomber vers le haut ».

 

  Ce texte m’a donné l’envie d’écrire ceci, le 28 juillet 2018, ce soir de longue éclipse où nous étions positionnés entre le soleil et la lune :

 

  "L’été t’asphyxiait il y a encore 3 heures d’ici - à quelques éclairs quelques

   pépiements près quelques sursauts d’énervements plus tard – maintenant

   que l’été prend l’eau de toutes parts – fait eau de tout feuillage – pourquoi

   ne pas sortir le corps – la tête du corps – pourquoi ne pas se mouiller et

   boire - à la fraîche des étoiles « dans l’eau sans fond » - toute cette eau qui

   flamboie – prends l’eau l’air de l’eau par la bouche les yeux par tous les

   pores de cet été enfin qui ruisselle de ses sources sur une éclipse longue

   de lune qui te restera – pour le coup au vu des circonstances tu le sais à

   présent - par le caprice d’un temps qui n’y était pas – qui te restera invisible –

   sage comme une image. Sors et réverbère la nuit rampante sur ta coquille

   d’escargot – hâte-toi d’en prendre le temps – l’été demain aura peut-être

   changé de couleur dans l’herbier vivant - pulvérisé - de ses orages. La pluie

    est onction d’eau douce – son offrande traverse l’éclair comme sa verticalité

    la parole ondoyante de l’être."

   Murielle COMPERE-DEMARCY